samedi 11 juin 2016

| Le Film du samedi soir ¦ John Hughes ► La Folle Journée de Ferris Bueller

Le Film du samedi soir, c'est une petite comédie sans prétention, une série B bien barrée, un film d'horreur poussiéreux, une aventure de gosses oubliée, une sortie directe en DVD... Voire aussi, et c'est pas incompatible avec le reste, un long-métrage dispo sur Netflix. Bref, un film que je vous conseille et vous recommande chaudement. Aujourd'hui, on est samedi, et le film de ce samedi soir est :

 

La Folle Journée de Ferris Bueller de John Hughes


Comédie (dramatique), USA, 1986, 1H42
Avec Steve Martin, John Candy, Laila Robins
Sortie le 11 juin 1986 aux USA, le 17 décembre chez nous et dispo sur Netflix.


 
L'histoire : Un cancre invétéré, Ferris Bueller, convainc sa petite amie et son meilleur ami hypocondriaque (dont le père a une Ferrari) de sécher les cours pour aller passer la journée à Chicago. Pendant qu'ils font les 400 coups dans la grande ville, le proviseur et la sœur de Ferris tente, chacun de leurs côtés, de prouver aux parents que leur fils est un cancre et qu'il a séché.


On y est, arrêtez tout, c'est aujourd'hui : ce 11 juin 2016, le film cultissime de John Hugues La Folle Journée de Ferris Bueller fête ses 30 ans ! Voilà trois décennies, jour pour jour, que sa pellicule a ravi les salles et ses spectateurs américains. Comme vous le savez si vous me lisez régulièrement, j'ai décidé de rendre hommage à ce chef-d’œuvre de la comédie américaine et à son réalisateur en consacrant quatre Films du samedi soir à quatre longs-métrages de John Hugues. Quatre films qui sont d'ailleurs disponibles sur Netflix - parce que les choses sont bien faites ! Après Sixteen Candles et Un ticket pour deux, et avant (promis c'est pour bientôt) l'autre long-métrage culte du réalisateur, j'ai nommé The Breakfast Club, voici donc ma petite contribution à la célébration du 30e anniversaire de ce classique du cinéma. La Folle Journée de Ferris Bueller est le 4e film de son réalisateur, même s'il n'est sorti qu'un an à peine après le premier, Une créature de rêve. Une nouvelle fois, John Hugues traite de l'adolescence. Une nouvelle fois, le jeune réalisateur (36 ans au moment de la sortie) impose cette thématique comme un genre à part entière, avec inventivité, sincérité et talent. J'ai pour habitude d'aimer les films que je vous présente dans cette rubrique, mais c'est encore plus vrai concernant celui-ci. De bout en bout, La Folle Journée de Ferris Bueller m'a charmé, m'a fait rire et m'a ému.

Son histoire est celle (surprise !!!) de Ferris Bueller, un lycéen qui collectionne les absences en cours comme Del Griffith collectionnait les gaffes (cf Un ticket pour deux). A l'image du scénario de Sixteen Candles, John Hugues nous y fait vivre la journée d'un ado, ni plus ni moins. Celle-ci commence par la démonstration du talent de Ferris Bueller pour la comédie : il feint d'être malade pour ne pas aller au lycée. D'emblée, le ton est donné. On nous présente le caractère sans gêne de ce cancre, et, surtout, une des particularités du film : son héros s'adresse directement au spectateur. Face caméra, Ferris s'affranchit ainsi allègrement, et à de nombreuses reprises, du "quatrième mur" - barrière métaphorique existant entre acteur et public. Avec un monologue hilarant, alternant des punchlines irrésistibles ("J'arrive pas à comprendre qu'on aille se faire chier au lycée quand il y a un temps pareil" / "Déjà 9 absences ce semestre, si j'en arrive à la 10e je vais devoir vomir un poumon") et des conseils pour faire croire à ses parents qu'on est HS sans pour autant les inquiéter, et qui n'est pas dénué de philosophie ("La vie bouge très vite, si tu t'arrêtes pas de temps en temps elle te file entre les doigts" / "Les hommes ne devraient pas croire en les "-isme", ils devraient croire en eux"), Ferris Bueller et son interprête, le génial mais trop discret Mattew Broderick, nous immergent dans un bain de joie communicative. C'est bien simple, on n'a qu'une envie : partir avec lui pour cette folle journée !
 
Les 400 coups de Ferris Bueller

Annoncé ouvertement par son auteur comme étant un hommage aux Quatre cents coups de François Truffaut (merci à Thierry Wetzel pour cette info de premier ordre !), La Folle Journée de Ferris Bueller est un doux et joyeux voyage qui rend hommage à nos jeunes années, tout en étant, c'est encore plus marquant aujourd'hui, une ode à l'esprit des années 1980. Avec beaucoup d'humour, de tendresse et d'intelligence, John Hugues brasse cette période naïve située entre adolescence et vie adulte, entre le moment où l'individu est encore le fruit protégé de ses parents - obligé d'obéir à des règles mais en même temps en âge de comprendre qu'il lui faut les transgresser -, et celui où il cesse d'être un enfant. Entre irresponsable et responsable, Ferris Bueller campe un héros qui ne tolère aucune frustration, qui croque la vie à pleines dents ; un jeune homme avide de libertés et totalement insouciant. Avec lui, il entraîne son meilleur ami hypocondriaque Cameron (Alan Ruck, lui aussi trop discret) - qui est loin de partager sa fougue et ses envies délirantes -, et sa petite amie Sloane (Mia Sara). Le trio fait le tour de Chicago sans se soucier d'autre chose que de prendre du plaisir, comme en témoigne certaines scènes devenues cultes : le coup de fil au principal du lycée (merveilleusement drôle Jeffrey Jones, gros gros point fort du film), ou la célèbre séquence du défilé, avec la reprise de la chanson Twist and Shout des Beatles. Séquence que je vous glisse, parce que je suis gentil et que cela ne nuit pas au plaisir de savourer le film, en fin d'article.
 
Hilarant en surface (entre autres, les nombreux gags liés à "l'enquête" que mène le principal pour prouver que Ferris sèche bien les cours), divertissant, très bien joué (en bonus, le caméo de Charlie Sheen !) et servi par une BO à tomber, La Folle Journée de Ferris Bueller est également très pertinent dans sa manière de traiter la jeunesse, l'amitié et l'amour. Les trois personnages principaux se révèlent être, par exemple, bien plus que des pions lambdas destinés à nous faire rire : leurs relations sont intéressantes, très bien fouillées, et évolutives. Sans être une étude psychologique, le long-métrage nous livre tout un tas de réflexions intelligentes sur cette période de la vie. Profond mais toujours léger, jamais indigeste, le film est une réussite et mérite largement son statut d’œuvre culte. Au moment de commencer à le visionner, j'avoue pourtant avoir eu peur d'un possible aspect vieilli et désuet, du fait de son âge. Soyons clairs, La Folle Journée de Ferris Bueller ne fait pas ses 30 ans - contrairement à moi. En témoigne les nombreux hommages qui continuent à lui être rendus, comme ce fût le cas dans la scène finale de Deadpool cette année, qui reprenait tout simplement la dernière séquence post-générique du film de John Hugues. Je ne sais plus quoi dire d'autre pour vous inciter à regarder ce chef d’œuvre, alors je vais m'arrêter là, en souhaitant une dernière fois un joyeux 30e anniversaire à ce long-métrage culte, et en vous souhaitant, à vous, un merveilleux Film du samedi soir !

Et rappelez-vous :


Et comme promis, LA séquence culte du défilé / Twist and Shout :

 

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