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samedi 18 mars 2017

| Avis ¦ T2 Trainspotting, retour vers l'imparfait


T2 Trainspotting de Danny Boyle

 

Comédie dramatique, policier, USA, 2017, 1H57
Avec Ewan McGregor, Ewen Bremner, Robert Carlyle
Sortie le 1er mars 2017


L'objectif : D’abord, une bonne occasion s’est présentée. Puis vint la trahison. Vingt ans plus tard, certaines choses ont changé, d’autres non. Mark Renton revient au seul endroit qu’il ait jamais considéré comme son foyer. Spud, Sick Boy et Begbie l’attendent. Mais d’autres vieilles connaissances le guettent elles aussi : la tristesse, le deuil, la joie, la vengeance, la haine, l’amitié, le désir, la peur, les regrets, l’héroïne, l’autodestruction, le danger et la mort. Toutes sont là pour l’accueillir, prêtes à entrer dans la danse...



Le subjectif : Comme un symbole, T2 Trainspotting débute par une chute. Celle de Mark Renton, joué par Ewan McGregor et héros du premier film sorti en 1996. Visiblement plus affûté qu'il y a vingt ans, "Rent-Boy" (littéralement "jeune prostitué") se prend pourtant les pieds dans un tapis de course rutilant dans une salle de sport qui l'est tout autant, avant de s'effondrer lamentablement. Si ma première réflexion a été d'y voir une petite "vengeance" de Danny Boyle à l'égard d'un acteur qui a longtemps refusé de tourner la suite de Trainspotting - à cause notamment du film La Plage et du choix du réalisateur de lui préférer DiCaprio -, il ne fait aucun doute que la culbute avait plus valeur de métaphore. D'autant que quelques minutes plus tard, c'est un autre personnage principal de l'histoire, le terrible Begbie (Robert Carlyle), qui choit à son tour. Deux chutes, l'une accidentelle et ridicule, l'autre volontaire et causée par de mauvaises intentions, qui font office d'entrée en matière savoureuse et pleine de sens. Deux chutes qui précèdent la présentation de deux autres membres du premier long-métrage, Spud (Ewen Bremner) et Sick Boy (Johnny Lee Miller). Deux chutes qui introduisent, enfin, la suite tant attendue d'un film qui a marqué toute une génération autant qu'il a lancé la carrière de son réalisateur. Un film auquel on ne croyait plus, la faute à la brouille Boyle-McGregor, mais qui a fini par se relever et se présenter devant nos yeux. Heureux.

lundi 6 mars 2017

| Avis ¦ Split, la personne aux 24 personnes


Split de M. Night Shyamalan

 

Thriller, fantastique, épouvante-horreur, USA, 2016, 1H57
Avec James McAvoy, James McAvoy, James McAvoy   
Sortie le 22 février 2017


L'objectif : Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, le docteur Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats.



Le subjectif : Son retour sur le devant de la scène, M. Night Shyamalan l'a amorcé fin 2015 avec le remarquable The Visit, aussi surprenant par sa qualité que par son côté dérangeant. Ce film d'épouvante ne ressemblait à aucun autre, et c'était une excellente nouvelle tant cette caractéristique définit (en partie) le cinéma du réalisateur. Qui n'a pas tressailli devant Sixième Sens et son implacable "twist" final, ou ne s'est pas extasié devant l'histoire totalement novatrice de super-héros servie dans Incassable ? Leur singularité, au-delà de leur capacité à créer la surprise et/ou l'effroi chez le spectateur, était de mêler les genres, d'inviter le surnaturel dans notre quotidien, de brouiller les pistes tout au long du film afin de mieux saisir lors de son dénouement. Certes, le cinéaste né en Inde s'est quelque peu perdu après ses (deux) premiers succès. Pas forcément en proposant de mauvais films (j'ai beaucoup d'affection pour toute sa filmo, hormis pour l'indigent After Earth, le seul qu'il n'ait pas scénarisé et cela ne peut pas être une coïncidence), mais en déclinant une idée et un format qui a fini par lasser. Le concept de "révélation ahurissante" avait ses limites. Tout comme - a-t-on pensé à tort - le cinéma de M. Night Shyamalan. Avec The Visit, donc, et surtout Split qui nous intéresse aujourd'hui, le réalisateur nous prouve - et paradoxalement c'est là aussi une vraie et réjouissante révélation - qu'on s'était bel et bien planté. Twist !

mardi 28 février 2017

| Avis en vrac ¦ Your Name, Tous en scène, Lego Batman, Lion

Par manque de temps, de motivation et/ou d'envie, j'ai repoussé, mis de côté, laissé traîner la rédaction de certains "avis". Voici le dépoussiérage de ces oublis volontaires, à travers des critiques synthétiques, concises et sans fioriture. Voici les avis en vrac des films :


Your Name de Makoto Shinkai

 


Animation, drame, romance, Japon, 2016, 1H46
Avec les voix de Ryûnosuke Kamiki, Mone Kamishiraishi, Masami Nagasawa
Sortie le 28 décembre 2016






Le subjectif : Comme souvent, c'est en en ayant entendu énormément de bien que je suis allé voir en salle Your Name en janvier dernier, environ deux semaines après sa sortie française. Fan d'animation et toujours très attentif quand elle vient du pays du soleil levant, je n'avais aucune raison de douter. D'autant plus qu'outre le bouche à oreilles euphorique et le succès critique, ce long-métrage avait déjà battu tous les records au Japon, devenant par exemple le premier film hors Studio Ghibli à dépasser les 10 milliards de Yen de recettes. Et je n'ai pas encore parlé de l'histoire. L'histoire de Mitsuha, adolescente "coincée" dans ses montagnes et ses traditions ancestrales, mais également l'histoire de Taki, jeune lycéen vivant à Tokyo et partagé entre son boulot de serveur et ses amis. L'histoire, enfin, de leurs "rencontres", fantastiques ou oniriques, au beau milieu de leurs rêves respectifs. Bref, l'œuvre de Makato Shinkai, dont je ne connaissais absolument pas le travail jusque-là, avait tout pour me plaire. Je n'ai pas été déçu.

La première réussite du film d'animation de Shinkai est... l'animation. Visuellement, c'est magnifique. Les lumières et événements naturels (sans trop spoiler, il est question d'une chute de météorite) sont superbement mise en images. Les paysages sont eux aussi splendides, qu'ils s'agisse de ceux de Tokyo ou du village de montagne. Même chose pour les personnages, au "chara-design" très shojo/shonen (mangas pour jeunes filles/garçons) - ce qui est normal puisqu'on parle d'une idylle adolescente. Autre point (très très très) fort : la musique. La bande originale est tout simplement géniale, très pop et rythmée quand il le faut, pour accompagner les séquences énergiques et drôles qui émaillent les aventures de Mitsuha et Taki, mais également douce et enlevée quand le film cherche à nous émouvoir. Ce qui, soyons clair, arrive souvent. La faute à une romance originale et touchante, qui se teint de fantastique et de féerie pour mieux nous transporter et nous surprendre. Il y a l'humour, il y a l'amour, il y a l'émotion, et puis tous les thèmes abordés (le spectre de l'oubli, la force des sentiments, la fin de l'enfance, etc). Il y a le suspens aussi, l'inquiétude également, que l'on ressent en même temps que nos deux héros. Deux héros singuliers à l'histoire exaltante que je ne suis pas prêt d'oublier, comme Your Name, premier coup de cœur animé de 2017.

vendredi 24 février 2017

| Avis ¦ La La Land, un hymne à la vie, à l'amour et au cinéma


La La Land de Damien Chazelle

 

Comédie musicale, romance, USA, 2016, 2H08
Avec Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend
Sortie le 25 janvier 2017


L'objectif : Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent… Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ? ?



Le subjectif : Nous sommes début 2014. La carrière du jeune réalisateur Damien Chazelle s'envole à Sundance, au rythme des percussions du personnage principal de son second film Whiplash, qui vient d'y être présenté. Adapté d'un court-métrage du même nom déjà plébiscité l'année précédente au même festival de Sundance, le film décroche le Grand Prix du jury et le Prix du public. Quelques mois plus tard, rebelote à Deauville. Parallèlement au succès critique et public qui suit cet état de grâce festivalier, l'interprète J.K. Simmons rafle à son tour plusieurs récompenses, et pas des moindres : Oscar, Golden Globe et BAFTA du meilleur acteur dans un second rôle. Bref, Whiplash, son casting (on n'oublie pas l'excellent premier rôle Miles Teller), sa musique (composée par Justin Hurwitz, ami de Chazelle depuis leurs études de ciné à Harvard) et son réalisateur marquent les esprits. Forcément, le retour de ce dernier derrière une caméra était donc attendu. Et c'est un euphémisme. Depuis les premières images et les premières projections, La La Land est accompagné d'un enthousiasme rarement vu auparavant. Une auréole de superlatifs et de commentaires dithyrambiques qui pouvait laisser dubitatif voire sceptique. C'était mon cas, je l'avoue, étant un amateur prudent de comédies musicales et romantiques. On va pas se mentir : le film mérite tout ce qui a été dit sur lui. Et là encore, c'est un euphémisme.

lundi 16 janvier 2017

| Avis ¦ Quelques minutes après minuit, monstrueux chef-d'œuvre


Quelques minutes après minuit de Juan Antonio Bayona

 

Fantastique, drame, USA, 2016, 1H48
Avec Lewis MacDougall, Sigourney Weaver, Felicity Jones   
Sortie le 4 janvier 2017


L'objectif : Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires. Mais c’est pourtant là qu’il va apprendre le courage, la valeur du chagrin et surtout affronter la vérité…



Le subjectif : "Fantastique, drame". C'est idiot, et futile, sans doute, mais il me semble que le genre d'un film n'a jamais aussi bien défini ce qu'il caractérise que celui de Quelques minutes après minuit. C'est vrai, c'est indubitablement vrai, le troisième long-métrage du Barcelonais Juan Antonio Bayona est un fantastique drame. Un fantastique, merveilleux et extraordinaire drame. Quelques minutes après les douze coups de minuit qui ont sonné le glas de 2016, quelques minutes après m'être confortablement installé dans ma salle obscure préférée, Quelques minutes après minuit est venu émerveillé ma journée, et magnifiquement lancer la nouvelle année. Sous ses airs de conte "enfantin", de portage ciné d'un roman à succès, ou encore d'histoire de monstre ; sous l'étiquette aussi du dernier film d'un réalisateur de génie (L'Orphelinat, The Impossible) qui prend son temps pour démontrer qu'il a le talent, l'âme et le souffle onirique d'un Spielberg auquel beaucoup le comparent déjà, ce fantastique drame ne m'avait pourtant pas préparé au choc que j'allais vivre, quelques minutes après. Et pourtant, quel choc ce fut.

mardi 1 novembre 2016

| Avis ¦ Cigognes et compagnie, du WAG à l'âme


Cigognes et compagnie de Nicholas Stoller et Doug Sweetland

 

Film d'animation, comédie, famille, USA, 2016, 1H48
Avec les voix VF de Florent Peyre, Bérengère Krief, Issa Doumbia     
Sortie le 12 octobre 2016


L'objectif : Pendant longtemps, les cigognes livraient les bébés. Désormais, elles acheminent des colis pour un géant de l'Internet. Junior, coursier star de l'entreprise, s'apprête à être promu. Mais il actionne accidentellement la Machine à Fabriquer les Bébés… qui produit une adorable petite fille, en totale infraction avec la loi ! Avec l'aide de son ami Tulip, seul être humain sur le Mont Cigogne, Junior se précipite pour effectuer sa toute première livraison de bébé. Le temps presse car son patron ne tardera pas à apprendre la nouvelle… Junior pourra-t-il redonner aux cigognes la vraie mission qui est la leur ?




Le subjectif : 2016, année de l'animation ? On est "seulement" en novembre, mais ça y ressemble fortement. D'accord, d'accord, c'est de plus en plus le cas, les studios rivalisant d'imagination pour produire chaque année (voire plusieurs fois par an) des films d'animation de plus en plus magnifiques, drôles, intelligents et destinés à tous les publics. Mais en 2016, l'addition de succès et de réussites donne carrément le tournis ! Voyez plutôt : Cigognes et compagnie débarque après Zootopie (Disney), Tout en haut du monde (Sacrebleu productions), Kung-Fu Panda 3 (DreamWorks), Le Monde de Dory (Pixar), L'Âge de glace 5 (Fox), Angry Birds (Sony), Comme des bêtes (Illumination), Kubo et l'armure magique (Laika)... Une liste hallucinante, composée de très bons, voire carrément d'excellents films ! Et ce n'est pas fini : Les Trolls de DreamWorks, le nouveau Disney Vaiana ou même le déjanté Sausage Party de Seth Rogen sont (presque) déjà là ! Mais qui s'en plaindra ? Surtout pas moi !

lundi 31 octobre 2016

| Avis ¦ Deepwater, film catastrophe par excellence


Deepwater de Peter Berg

 

Catastrophe, action, drame, USA, 2016, 1H47
Avec Mark Wahlberg, Dylan O'Brien, Kate Hudson
Sortie le 12 octobre 2016



L'objectif : D'après l’incroyable histoire vraie de la plus grande catastrophe pétrolière de l’histoire.

La plateforme Deepwater Horizon tourne non-stop pour tirer profit des 800 millions de litres de pétrole présents dans les profondeurs du golfe du Mexique. Mike Williams, électricien sur la plateforme et père de famille, connaît les risques de son métier mais fait confiance au professionnalisme de son patron Jimmy Harrell. En revanche, tous se méfient de la société locataire de la plateforme dirigée par Donald Vidrine, qui ne pense qu’à son bénéfice. Lorsque cette société décide contre l’avis des techniciens de la déplacer trop rapidement, il sont loin de se douter que les 5 millions de barils sous leurs pieds sont prêts à exploser... Le seul courage de Mike et ses collègues suffira-t-il à limiter les dégâts et sauver ce qui peut encore l’être ?




Le subjectif : Comme je le confessais cet été dans ma "micro-critique" de The Wave de Roar Uthaug, je suis un fan inconditionnel du cinéma catastrophe. Qu'elles soient anciennes ou récentes, tirées d'une histoire vraie ou purs fantasmes de scénaristes, qu'elles s'intéressent à la survie d'un seul être ou à celle de l'humanité, ces productions très calibrées me passionnent. Mais au fait, c'est quoi un film catastrophe ? Pour moi, c'est un long-métrage dont l'intrigue se développe autour d'un événement cataclysmique. La catastrophe y est l'élément clé et peut avoir de nombreuses origines : naturelles (tremblement de terre, tsunami, éruption volcanique, chute de météorites, etc.), humaines (accidents en tous genres, naufrages, crashs, explosions, etc.), voire surnaturelles (attaques et invasions extra-terrestres, monstres géants, forces occultes, etc.). Le film s'attache à mettre en scène ce bouleversement mais aussi ses conséquences, notamment sur la vie de personnages que le réalisateur a choisi de nous montrer, et qui répondent bien souvent à deux profils bien marqués. Il y a d'un côté le spécialiste, qui est au courant de la catastrophe et espère même l'empêcher ; et de l'autre le quidam lambda, là un peu par hasard, et surtout pour ses beaux yeux ou sa jolie plastique.

samedi 2 juillet 2016

| Le Film du samedi soir ¦ Blackfish (L'orque tueuse)

Le Film du samedi soir, c'est une petite comédie sans prétention, une série B bien barrée, un film d'horreur poussiéreux, une aventure de gosses oubliée, une sortie directe en DVD... Voire aussi, et c'est pas incompatible avec le reste, un long-métrage dispo sur Netflix. Bref, un film que je vous conseille et vous recommande chaudement. Aujourd'hui, on est samedi, et le film de ce samedi soir est :

 

 

Blackfish (L'orque tueuse) de Gabriela Cowperthwaite


Documentaire, USA, 2013, 1H23
Avec Tilikum, Kasatka, Takara
Sortie le 1er juillet 2014 en DVD, et dispo sur Netflix.


 
L'histoire : À partir d'un fait divers tragique - l'attaque mortelle de "l'orque tueuse" Tilikum contre sa dresseuse en 2010 -, une enquête édifiante montrant comment l'animal peut se venger de l'homme lorsque celui-ci contrarie sa nature sauvage...



Diffusion du documentaire sur Arte mardi 5 juillet à 9h25, à vos agendas !


Blackfish est l'histoire d'un drame. Un drame vécu par une "orque tueuse", permis et provoqué par la cupidité de quelques hommes. C'est aussi un document qui m'a marqué comme rarement, une œuvre profondément engagée et militante, qui est également un formidable morceau de cinéma, fait de superbes images, de passion et d'émotion. Sincère, révolté et révoltant, le documentaire de Gabriela Cowperthwaite, sélectionné en 2013 au Festival de Sundance, dévoile un tableau peu reluisant de ces parcs d'attraction aquatiques - et en particulier SeaWorld - qui maintiennent en captivité des animaux sauvages, comme les orques, dauphins et autres otaries. Son point de départ est le décès, en 2010, de la dresseuse Dawn Brancheau, au SeaWorld de San Diego. L'animal incriminé est Tilikum, une orque mâle capturée près de trente ans auparavant au large de l'Islande. Premier problème : Tilikum, immense cétacé de plus de 7 mètres, a déjà été impliqué dans l'accident mortel de deux autres personnes. Second problème : SeaWorld minimise son implication, et l'année suivante, l'orque est même autorisé à continuer les spectacles.

samedi 11 juin 2016

| Le Film du samedi soir ¦ John Hughes ► La Folle Journée de Ferris Bueller

Le Film du samedi soir, c'est une petite comédie sans prétention, une série B bien barrée, un film d'horreur poussiéreux, une aventure de gosses oubliée, une sortie directe en DVD... Voire aussi, et c'est pas incompatible avec le reste, un long-métrage dispo sur Netflix. Bref, un film que je vous conseille et vous recommande chaudement. Aujourd'hui, on est samedi, et le film de ce samedi soir est :

 

La Folle Journée de Ferris Bueller de John Hughes


Comédie (dramatique), USA, 1986, 1H42
Avec Steve Martin, John Candy, Laila Robins
Sortie le 11 juin 1986 aux USA, le 17 décembre chez nous et dispo sur Netflix.


 
L'histoire : Un cancre invétéré, Ferris Bueller, convainc sa petite amie et son meilleur ami hypocondriaque (dont le père a une Ferrari) de sécher les cours pour aller passer la journée à Chicago. Pendant qu'ils font les 400 coups dans la grande ville, le proviseur et la sœur de Ferris tente, chacun de leurs côtés, de prouver aux parents que leur fils est un cancre et qu'il a séché.


On y est, arrêtez tout, c'est aujourd'hui : ce 11 juin 2016, le film cultissime de John Hugues La Folle Journée de Ferris Bueller fête ses 30 ans ! Voilà trois décennies, jour pour jour, que sa pellicule a ravi les salles et ses spectateurs américains. Comme vous le savez si vous me lisez régulièrement, j'ai décidé de rendre hommage à ce chef-d’œuvre de la comédie américaine et à son réalisateur en consacrant quatre Films du samedi soir à quatre longs-métrages de John Hugues. Quatre films qui sont d'ailleurs disponibles sur Netflix - parce que les choses sont bien faites ! Après Sixteen Candles et Un ticket pour deux, et avant (promis c'est pour bientôt) l'autre long-métrage culte du réalisateur, j'ai nommé The Breakfast Club, voici donc ma petite contribution à la célébration du 30e anniversaire de ce classique du cinéma. La Folle Journée de Ferris Bueller est le 4e film de son réalisateur, même s'il n'est sorti qu'un an à peine après le premier, Une créature de rêve. Une nouvelle fois, John Hugues traite de l'adolescence. Une nouvelle fois, le jeune réalisateur (36 ans au moment de la sortie) impose cette thématique comme un genre à part entière, avec inventivité, sincérité et talent. J'ai pour habitude d'aimer les films que je vous présente dans cette rubrique, mais c'est encore plus vrai concernant celui-ci. De bout en bout, La Folle Journée de Ferris Bueller m'a charmé, m'a fait rire et m'a ému.

vendredi 10 juin 2016

| Avis en vrac ¦ Green Room, Captain America : Civil War, Eddie The Eagle, Elle

Par manque de temps, de motivation et/ou d'envie, j'ai repoussé, mis de côté, laissé traîner la rédaction de certains "avis". Voici le dépoussiérage de ces oublis volontaires, à travers des critiques synthétiques, concises et sans fioriture. Voici les avis en vrac :

Green Room de Jeremy Saulnier

 

Thriller, épouvante-horreur, action, USA, 2015, 1H36
Avec Anton Yelchin, Imogen Poots, Patrick Stewart 
Sortie le 27 avril 2016


Festival de Cannes 2015 - Quinzaine des réalisateurs




Le subjectif : Voilà presque un an maintenant que j'ai découvert Green Room au Festival de Cannes 2015, où il était présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Ce serait mentir que de dire que je ne me suis pas remis du film après tous ces mois. Mais je ne mentirais pas en revanche en affirmant que c'est une claque qui prend aux tripes quiconque se laisse saisir par l'envoutante histoire de ce thriller fermement teinté d'horreur. L'histoire, justement : menacé de mort après avoir assisté à un meurtre suite à son concert, le groupe de punk The Ain't Rights se voit traqué et entraîné dans une spirale de violence que rien ne semble pouvoir stopper. Deux (trois) ans après avoir déjà fait frémir la Quinzaine, et plus globalement l'industrie du cinéma, avec l'excellent thriller Blue Ruin, l'Américain Jeremy Saulnier livre un nouveau long-métrage méchamment démonstratif. Rythmé par le rock violent des musiciens, Green Room plonge le spectateur dans une trépidante chasse à l'homme, sanglante et cruelle, majoritairement située en huis-clos dans une salle de concert (mais aussi ses alentours et son backstage, la fameuse "green room"), au fin fond de l'Oregon. Un lieu hostile à nos jeunes punks, puisque peuplé essentiellement de skinheads. Des néo-nazis amateurs de chants et sonorités situés à l'autre extrême du spectre musical... et sociétal.

Si cette virée en enfer est aussi viscérale, c'est en partie grâce aux acteurs qui en campent les différents protagonistes. Les trois plus connus jouent aussi les trois personnages principaux. Le chanteur à la fois frêle et leader est interprété par Anton Yelchin (révélé dans le merveilleux Alpha Dog et membre important de l'équipage des nouveaux Star Trek), le rôle de la copine de la victime, elle aussi menacée de subir le même sort, est attribué à Imogen Poots (la jeune héroïne de 28 Semaines plus tard), tandis que l'immense Patrick Stewart (le professeur Xavier "vieux" de tous les X-Men) est Darcy Banker, le terrible chef du gang des méchants. On retrouve d'autres "gueules" connues, comme par exemple Joe Cole, qui joue ici un musicien courageux et qu'on a découvert dans l'excellente série Peaky Blinders. Bref, le casting est très bon, tout comme la fureur qui se déchaîne sur eux en une petite centaine de minutes. Poisseuse, âpre, vicieuse, la bataille rangée à laquelle se livrent les deux camps est souvent insoutenable, tous les coups étant bons, même les plus vils et bas, pour mettre à genoux l'ennemi. Pour réussir ce genre de film, la délivrance attendue par les héros doit être ressentie de la même manière par le spectateur. Si Green Room est inoubliable, c'est parce qu'il relève ce défi avec brio.

samedi 19 mars 2016

| Le Film du samedi soir ¦ Dope

Le Film du samedi soir, c'est une petite comédie sans prétention, une série B bien barrée, un film d'horreur poussiéreux, une aventure de gosses oubliée, une sortie directe en DVD... Voire aussi, et c'est pas incompatible avec le reste, un long-métrage dispo sur Netflix. Bref, un film que je vous conseille et vous recommande chaudement. Aujourd'hui, on est samedi, et le film de ce samedi soir est :

 


Dope de Rick Famuyiwa


Comédie dramatique, Feel-good teen movie, USA, 2015, 1H44

Avec Shameik Moore, Tony Revolori, Kiersey Clemons
Sortie le 4 novembre 2015 au ciné et le 23 mars 2016 en DVD

(Cannes 2015 - Quinzaine des réalisateurs : film de clôture)


L'histoire : Malcom fait tout pour survivre dans un quartier chaud du sud de Los Angeles, jonglant entre inscriptions et entretiens pour entrer à l’université. Une invitation à une soirée underground va l’entrainer dans une aventure qui pourrait bien le faire passer du statut de « geek » à celui de mec cool, un « dope », pour finalement être lui-même.



Pour le 2e Film du samedi soir de l'année, je vais légèrement "casser les codes". Aujourd'hui, pas de vieillerie, d'exclu Netflix ou de "Direct to DVD". Le long-métrage dont je vais vous parler est bien sorti en salles, le 4 novembre dernier, mais est passé inaperçu : il a accumulé péniblement moins de 40 000 entrées en France, alors qu'il a dépassé les 14 millions de $ de recettes aux États-Unis (pour un budget de 700 000). C'est donc pour réparer cette injustice française et parce que le film, déjà dispo en VOD, sort mercredi en DVD, que je suis heureux de vous présenter Dope. Sensation du festival de Sundance 2015, où il a glané le Prix spécial du jury pour son montage, puis Prix du public à Deauville en septembre dernier, le long-métrage de Rick Famuyiwa est (surtout) mon gros coup de cœur de la Quinzaine des réalisateurs 2015. Tragi-comédie américaine sur fond de "dope" et de hip-hop, produite par Pharell Williams et Forest Whitaker, Dope intègre facilement le classement des films les plus cools et pétillants de tous les temps. Vous êtes prévenus !

mardi 15 mars 2016

| Avis ¦ Room, master pièce


Room de Lenny Abrahamson

 

Drame, thriller, Canada-Irlande, 2015, 1H58
Avec Brie Larson, Jacob Tremblay, Joan Allen   
Sortie le 9 mars 2016


L'objectif : Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé.




Le subjectif : Après The Revenant, qui a permis à son interprète Leonardo DiCaprio de décrocher les distinctions de "Meilleur acteur" des trois cérémonies les plus prestigieuses du 7e art - derrière le Festival de Cannes -, à savoir les Oscars, les Golden Globes et les BAFA (British Academy Film Awards), je suis allé voir Room, qui a offert à son actrice principale les trois mêmes récompenses. Premier point : Brie Larson, à l'image de son homologue masculin, ne les a pas volées. La Californienne de 26 ans a mis tout le monde d'accord pour son premier grand rôle (après l'indé States of Grace, sorti en 2014). Et quel rôle ! Celui d'une jeune femme de 17 ans, kidnappée, séquestrée et violée pendant 7 ans, et mère d'un petit garçon venu au monde dans ces conditions inhumaines. À moins que ce film nous raconte bien plus que ça, bien plus qu'un rapt, un isolement et des sévices physiques et (a)moraux. À moins que Room soit à l'image de nos vies, protéiforme et méchamment complexe.

dimanche 28 février 2016

| Avis ¦ Tout en haut du monde, préparez-vous à chavirer !


Tout en haut du monde de Rémi Chayé

 

Film d'animation, aventure, France, 2016, 1H20
Avec les voix de Christa Théret, Féodor Atkine, Thomas Sagols     
Sortie le 27 janvier 2016


L'objectif : 1882, Saint-Pétersbourg. Sacha, jeune fille de l’aristocratie russe, a toujours été fascinée par la vie d’aventure de son grand-père, Oloukine. Explorateur renommé, concepteur d’un magnifique navire, le Davaï, il n’est jamais revenu de sa dernière expédition à la conquête du Pôle Nord. Sacha décide de partir vers le Grand Nord, sur la piste de son grand-père pour retrouver le fameux navire.




Le subjectif : Tout en haut du monde est une histoire d'amour et d'aventures humaines, et je voudrais commencer cet article par un hommage à celui qui, depuis ma naissance, est le protagoniste d'une de mes plus belles histoires d'amour et d'aventure. Celui qui m'a parlé de ce merveilleux film français, et sans qui je ne me serais pas déplacé pour le voir au ciné. Celui qui, depuis tout petit, m'a initié au cinéma d'animation, en me faisant systématiquement découvrir chaque nouveau Disney. Celui de qui j'ai pu m'éloigner malgré moi, malgré nous, mais avec qui je me suis retrouvé, avec qui nous nous sommes retrouvés : mon papa. Merci papa pour ce judicieux conseil, et pour toute la passion de la BD, des dessins et de l'animation que tu as fait naître en moi !

Tout en haut du monde est donc une histoire d'amour, et d'aventures humaines. C'est le récit de l'épopée de la jeune Sacha, sur le point d'entrer dans l'âge adulte, mais qui va décider de braver tous les dangers et risquer de perdre tout ce qu'elle a, tout ce qu'elle est, pour retrouver son grand-père explorateur disparu sur la banquise, et son mythique navire. Pour ça, elle va devoir parcourir un univers qui n'est pas le sien, des environnements hostiles, partir à l'aventure sur le toit du monde pour les retrouver, et sauver l'honneur de sa famille. Cette aventure, où se mêlent aristocratie russe de la fin du XIXe siècle et conquête du Pôle Nord, a immédiatement plu à Rémi Chayé, dont c'est la première réalisation. Emballé par le récit incroyable de ce bateau prisonnier des glaces et de tous ceux décidés à le retrouver, et très intéressé par cette époque et ses peintres russes, par les films en costume, les lithographies de Daumier et les romans de Jules Verne, le jeune Français va signer une œuvre à la hauteur de ces références, à la dimension épique et à l'esthétique qui atteignent des sommets.

mercredi 17 février 2016

| Avis ¦ Zootopie, les bêtes humaines


Zootopie de Byron Howard et Rich Moore

 

Film d'animation Disney, comédie, aventure, policier, USA, 2016, 1H48
Avec les voix VF de Marie-Eugénie Maréchal, Alexis Victor, Pascal Elbé     
Sortie le 17 février 2016


L'objectif : Zootopie est une ville qui ne ressemble à aucune autre : seuls les animaux l'y habitent ! On y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde à sa place à Zootopie ! Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque...




Le subjectif : Le passage de Disney de l'animation en 2D à la 3D est une histoire intéressante et complexe - que j'avais essayé de démêler, avec plus ou moins de clarté et de réussite, dans ma critique de La Princesse et la Grenouille, il y a quelques années. Après un début compliqué, marqué (ou pas) par trois productions que presque tout le monde a oublié (Dinosaures, The Wild et Chicken Little), les studios Disney ont enclenché la seconde dès 2006, rassérénés par le rachat de Pixar, mais, surtout, par l'arrivée du nouveau directeur créatif John Lasseter. Le papa des Toy Stories a tapé dans la souricière, revigorant l'animation par ordinateur de la firme, et lançant Bienvenue chez les Robinson, puis Volt en 2008, qui fût le premier long-métrage Disney de ce type à rencontrer un vrai succès. Certainement satisfait du travail effectué par le réalisateur Byron Howard, Lasseter lui a confié les rennes du projet suivant : Raiponce. Là aussi, le succès fût au rendez-vous. Différentes des "pépites" de Pixar, ces productions Disney en images de synthèse avaient une personnalité propre qui ravissait la presse et enchantait les spectateurs. Tant et si bien que les films en 3D se sont enchaînés : avant Les Nouveaux Héros l'an dernier, il y a eu La Reine des neiges pour le Noël 2013, et, l'année précédente, Les Mondes de Ralph, réalisé par Rich Moore.

samedi 13 février 2016

| Avis ¦ Spotlight, au nom du pire


Spotlight de Tom McCarthy

 

Drame, Thriller, USA, 2015, 2H08
Avec Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams     
Sortie le 27 janvier 2015


(Oscars 2016 : Meilleur film - Meilleur scénario original)

L'objectif : Adapté de faits réels, Spotlight retrace la fascinante enquête du Boston Globe – couronnée par le prix Pulitzer – qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Église catholique. Une équipe de journalistes d’investigation, baptisée Spotlight, a enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. L’enquête révèlera que L’Église catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston, et déclenchera par la suite une vague de révélations dans le monde entier.




Le subjectif : A quelques jours de la 88e cérémonie des Oscars, grand-messe américaine du cinéma, le débat est plus que jamais ouvert sur l'identité des futurs lauréats. Parmi les prétendants crédibles, The Revenant, The Big Short, Seul sur Mars et Mad Max : Fury Road n'auront échappé à personne - même si le premier ne sortira qu'en fin de mois dans les salles françaises. Si Mad Max et The Revenant, le "film qui devrait enfin permettre à DiCaprio d'être consacré Meilleur acteur" et qui a déjà raflé plusieurs Golden Globes, trustent les nominations, un autre candidat figure en bonne position dans la course à l'Oscar du Meilleur long-métrage : Spotlight. Réalisé par Tom McCarthy - acteur, écrivain et réalisateur américain, auteur notamment de The Visitor, Grand prix du Festival du cinéma américain de Deauville 2008 -, ce grand film "basé sur une histoire vraie" s'attaque en même temps à un énorme scandale public, et à l'une des plus importantes enquêtes journalistiques du XXIe siècle.

dimanche 31 janvier 2016

| Avis ¦ Les Saisons, film magnifique et témoignage nécessaire


Les Saisons de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud

 

Documentaire, France-Allemagne, 2015, 1H37
Avec des loups, chevaux, biches, sangliers et quelques hommes    
Sortie le 27 janvier 2016


L'objectif : Après avoir parcouru le globe à tire d’ailes avec les oiseaux migrateurs et surfé dans tous les océans en compagnie des baleines et des raies mantas, Jacques Perrin et Jacques Cluzaud reviennent pour ce nouvel opus sur des terres plus familières. Ils nous convient à un formidable voyage à travers le temps pour redécouvrir ces territoires européens que nous partageons avec les animaux sauvages depuis la dernière ère glaciaire jusqu’à nos jours. L’hiver durait depuis 80 000 ans lorsque, en un temps très bref, une forêt immense recouvre tout le continent. Une nouvelle configuration planétaire et tout est bouleversé. Le cycle des saisons se met en place, le paysage se métamorphose, la faune et la flore évoluent. L’histoire commence… À un interminable âge de glace succède une forêt profonde et riche puis, sous l’impulsion d’hommes nouveaux, une campagne riante.
Les Saisons est une épopée sensible et inédite qui relate la longue et tumultueuse histoire commune qui lie l’homme aux animaux. 




Le subjectif : En ce début d'année 2016, le calendrier ciné est très chargé. Alors que le phénomène Star Wars 7 continue de remplir les salles, d'autres gros films trustent les porte-affiches, comme le dernier Tarantino (Les 8 Salopards), le "dernier" Rocky (Creed), l'oscarisable Spotlight ou encore l'incroyable Legend. Alors, pour ce "retour" du Toxinémane, pourquoi choisir un documentaire sur l'évolution, signé par le réalisateur du Peuple migrateur et Microcosmos ? Déjà parce-que je n'ai pas vu tous les longs précédemment cités, et parce-que, justement, ce film mérite qu'on parle de lui. Loin de battre des records d'affluence ou de s’immiscer dans les discussions sur les potentiels futurs lauréats des Oscars et Césars, Les Saisons est une œuvre qui nous parle de nous et de notre environnement : c'est-à-dire de notre terre, et de tous ceux avec qui nous sommes censés la partager. Sans plus attendre, la critique.

jeudi 27 mars 2014

| Avis ¦ Her, I.A. mon amour









Her de Spike Jonze

 

Drame, romance, SF, USA, 2013, 2H06
Avec Joaquin Phoenix, (la voix de) Scarlett Johansson, Amy Adams   
Sortie le 19 mars 2014


L'objectif : Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de 'Samantha', une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…



Le subjectif : Icône du cinéma indépendant depuis son premier long-métrage, le génial et atypique Dans la peau de John Malkovich, Spike Jonze s'était auparavant révélé avec des spots publicitaires et clips musicaux (pour Björk, Fat Boy Slim, Daft Punk, Arcade Fire, etc.). Et le jeune cinéaste a encore d'autres atouts, puisqu'il est également acteur (Les rois du désert, Le loup de Wall Street) et producteur (tous les films et émissions TV des Jackass). Bref, Spike Jonze ne manque jamais d'idées audacieuses et exaltantes. C'était le cas en 2009 avec son adaptation du livre pour enfants Max et les Maximonstres, qui est devenu entre ses mains "un film sur l'enfance". C'est le cas cette année avec Her, une histoire d'amour entre un homme et une intelligence artificielle.

jeudi 9 janvier 2014

| Avis ¦ La vie rêvée de Walter Mitty, l'incroyable destin de Ben Stiller



La vie rêvée de Walter Mitty de Ben Stiller


 

Aventure, comédie dramatique, USA, 2013, 1H54
Avec Ben Stiller, Kristen Wiig, Adam Scott   
Sortie le 1er janvier 2014


L'objectif : Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l'action dans le monde réel. Il embarque alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu'il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais.



Le subjectif : De l'ombre à la lumière ; de la solitude morne et routinière à l'épanouissement le plus exaltant ; de la désuétude d'une salle d'archivage photo au sommet de l'Himalaya... Voici l'incroyable trajectoire, l'incroyable voyage de Ben Stiller - ou plutôt du personnage titre incarné par l'acteur, dans La vie rêvée de Walter Mitty. Un film adapté d'une nouvelle de l'écrivain, humoriste et caricaturiste américain James Thurber, publiée en 1939 et qui racontait l'histoire dudit Walter Mitty échappant à son quotidien - et à son épouse - en se plongeant dans des divagations toutes plus loufoques les unes que les autres. Les fameux "rêves" qui servent de matière de départ au film de Ben Stiller.

samedi 23 novembre 2013

| Avis ¦ Il était une forêt, le récit fascinant d'une renaissance



Il était une forêt de Luc Jacquet


 

Documentaire, France, 2012, 1H18
Avec Francis Hallé et la voix de Michel Papineschi  
Sortie le 13 novembre 2013


L'objectif : Pour la première fois, une forêt tropicale va naître sous nos yeux. De la première pousse à l’épanouissement des arbres géants, de la canopée en passant par le développement des liens cachés entre plantes et animaux, ce ne sont pas moins de sept siècles qui vont s’écouler sous nos yeux. Depuis des années, Luc Jacquet filme la nature, pour émouvoir et émerveiller les spectateurs à travers des histoires uniques et passionnantes. Sa rencontre avec le botaniste Francis Hallé a donné naissance à ce film patrimonial sur les ultimes grandes forêts primaires des tropiques, au confluent de la transmission, de la poésie et de la magie visuelle. Il était une forêt offre une plongée exceptionnelle dans ce monde sauvage resté dans son état originel, en parfait équilibre, où chaque organisme - du plus petit au plus grand – connecté à tous les autres, joue un rôle essentiel.



Le subjectif : Après l'énorme succès de sa Marche de l'empereur et un intermède "fictionnel" en 2007 (Le renard et l'enfant), le réalisateur Luc Jacquet revient au documentaire. Résultat de sa rencontre avec le botaniste Francis Hallé, Il était une forêt raconte l'extraordinaire aventure d'une forêt tropicale. De l'atroce épreuve de la déforestation jusqu'à ce que les arbres se dressent à nouveau de toute la hauteur de leurs troncs centenaires, le film est tout simplement le récit d'une renaissance, du retour à la vie "normale" du berceau de l'Humanité. Car s'il faut quelques instants pour abattre, il faut sept siècles à une forêt pour se reconstruire - si tant est que l'Homme la laisse en paix.

vendredi 25 octobre 2013

| Avis ¦ Gravity, dans l'espace personne ne vous entendra crier (au génie)

Gravity d'Alfonso Cuarón

 

SF, drame, USA - UK, 2013, 1H30
Avec Sandra Bullock, George Clooney, Ed Harris
Sortie le 23 octobre 2013


L'objectif : Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre - et la moindre chance d'être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d'autant plus qu'à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d'oxygène qu'il leur reste. Mais c'est peut-être en s'enfonçant plus loin encore dans l'immensité terrifiante de l'espace qu'ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre...



Le subjectif : Son Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban (le 3e) n'était peut-être pas le meilleur de la saga (quoique), mais il a eu le mérite de faire entrer Alfonso Cuarón à Hollywood. Et deux ans plus tard, le réalisateur mexicain bouleversait le monde du cinéma, et notamment celui de la SF, avec Les fils de l'homme. Un chef-d’œuvre d'anticipation aux nombreux passages devenus cultes (cf. LA scène de la voiture) qui ont propulsé leur auteur dans la légende. Sept longues années sont passées, mais l'aura dont bénéficie Cuarón ne semble pas prête à disparaître. En témoigne l'avalanche de critiques dithyrambiques sous laquelle croule son nouveau film : Gravity.
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