lundi 19 avril 2010

| Avis ¦ Daybreakers, les vampires contre-attaquent



Daybreakers de Michael et Peter Spierig


Épouvante-horreur, SF, USA, 2009, 1H38
Avec Ethan Hawke, Sam Neill, Willem Dafoe
Sortie le 3 mars 2010


L'objectif : En 2019, les vampires ont pris le contrôle de notre planète. Les humains ne sont plus qu'une petite minorité, entretenue uniquement pour nourrir la population dominante. Edward Dalton est un vampire qui travaille dans la recherche. Il refuse de se nourrir de sang humain et œuvre sans relâche à la mise au point d'un substitut qui pourrait à la fois nourrir ses semblables et sauver les derniers spécimens d'hommes. Lorsqu'il rencontre Audrey, une jeune survivante humaine, il va découvrir un secret biologique qui peut tout changer. Désormais, fort d'un savoir que vampires et humains veulent s'approprier à tout prix, Edward va se retrouver au centre d'un affrontement absolu dont l'enjeu décidera de l'avenir des deux espèces...


Le subjectif : Les vampires vous branchent ? Twilight vous endort ? Alors Daybreakers est définitivement fait pour vous. Surtout si vous aimez les scènes de baston, les répliques et les piques qui tuent, si l'hémoglobine, beaucoup d'hémoglobine ne vous fait pas peur et si vous avez envie de passer un bon moment, sans forcément trop réfléchir. Oubliées les romances entre vampire, humain et lycan, balayées les histoires de dynasties vampiriques, dépassées enfin les crises d'identité de nos chers amis et néanmoins êtres supérieurs. Daybreakers, c'est du fun, beaucoup de bonnes idées, et une réinterprétation futuriste du mythe du vampire. Dans le film des frères Spierig, pas de descendance d'une famille de vampires, comme beaucoup de fictions le mettent en scène. Ici la mutation est au choix : subie ou volontaire. Dans les deux cas, c'est une mutation qui a changé la face de notre monde. En effet, l'histoire se situe en 2019, et les vampires ont quasi totalement recouvert la surface de la Terre. D'où le synopsis de Daybreakers et le cœur du problème, si l'on peut dire : c'est la crise du sang. Cette denrée se raréfie en même temps que les humains disparaissent, chassés et éradiqués pour leurs globules rouges...


Déjà monstrueux dans leur précédent long-métrage, Undead, les frères Spierig reproduisent avec les vampires ce qu'ils avaient réalisé en 2003 avec les zombies : une addition incroyablement cool d'idées de dingue. Le principal atout de ce film est effectivement tous ces petits détails enfilés comme des perles (de sang) et qui font de Daybreakers un film d'anticipation autant qu'un conte fantastique. Les réalisateurs préfèrent s'appuyer sur le futur que sur une tradition draculesque du mythe. Ici, les vampires sont l'avenir, l'évolution suprême de l'espèce humaine. Et cette dernière, leur unique chance de survie. Le synopsis est donc totalement jouissif : to bite or not to bite. Pour vivre, il faut mordre les derniers humains encore en vie. Mais pour survivre, il ne faut pas trop en mordre... Et, parallèlement à ce dilemme, les frangins Spierig ont eu tout le loisir d'imaginer un monde de vampire, à une dizaine d'années d'aujourd'hui. Tous les codes sociaux, toutes les règles et lois sont transposées à la mode suceurs de sang. Panneaux qui annoncent les sorties d'école entre 2 et 3 heures du matin, bouteilles de sang pur ou en accompagnement du café, customisation des voitures pour la « conduite de jour »... Tout cela contribue à rendre crédible un univers qui ne l'est pas.



A cela s'ajoutent des combats bien sentis, de l'action à gogo et des dialogues fatalement... ridicules. On retiendra plus particulièrement deux phrases que l'on doit à Willem Dafoe. La première relève (sans doute) de l'hommage au rappeur Nas, et vient percuter nos zygomatiques : « Life's a bitch, and then you don't die. » Humour de vampire au trait discret, un peu plus lourd avec sa définition de la condition de l'être vivant basique face à la supériorité et à la chasse perpétuelle des suceurs de sang : « Être un humain parmi les vampires, c'est comme sauter une pute sans capote. » Le tout sans demi-mesure ni faute de goût, à croire que Daybreakers est avant tout du gros n'importe quoi. D'ailleurs, rien n'est vraiment là pour nous faire croire au contraire, tant le scénario foutraque, et qui part en sucette, livre un spectacle à la limite du téléfilm. Heureusement, il y a les acteurs.

Des acteurs qui sont, dans l'ensemble, excellents. Le trio masculin (Hawke, Neill et Dafoe) est efficace. Chacun dans son rôle, avec une mention spéciale pour Willem Dafoe qui se révèle véritablement dérangé. Le plaisir est également là au moment de retrouver Sam « Jurassic Park » Neill dans le rôle du grand méchant de Daybreakers, qui ira jusqu'à sacrifier sa propre chair pour sauvegarder son image du rêve vampiricain. Ethan Hawke est lui aussi brillant en scientifique peu à peu révolté contre sa condition, et contre l'extermination de l'espèce humaine. Espèce qui est, pour rappel, celle de base des vampires puisque ceux-ci ne sont que des « mutations ». Mais voilà, Daybreakers, à force de n'être qu'un film défouloir et sans prétention, récolte ce qu'il a semé. Et la toute dernière partie du film s'apparente plus à un bon gros série Z – comme l'était Undead – qu'un sérieux film de genre. La fin, gore à souhait, est même trop sanglante et bancale pour l'ensemble du film. Dommage, mais ne boudons pas notre plaisir car Daybreakers remplit sont rôle : divertir, tout en injectant du sang neuf dans la ludothèque vampirique - qui commençait dangereusement à se ringardiser.

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