dimanche 18 avril 2010

| Avis ¦ Pièce montée, humour, satire et Poésy


Pièce montée de Denys Granier-Deferre


Comédie romantique, France, 2009, 1H33
Avec Clémence Poésy, Jérémie Renier, Jean-Pierre Marielle
Sortie le 10 mars 2010


L'objectif : Bérengère (Clémence Poésy) et Vincent (Jérémie Renier) se marient dans le respect des traditions bourgeoises. Selon la coutume, familles et amis se réunissent à la campagne par une belle journée de printemps. Journée joyeuse pour certains, douloureuse pour d'autres, en tous les cas déterminante et inoubliable pour tous. Mais comme les liens du sang ne sont pas toujours ceux du cœur, cette journée va vite devenir "L'heure de vérité", toute génération confondue...


Le subjectif : Une comédie romantique sur le mariage ? Quelle idée originale ! On n'avait plus vu ça en France depuis... Mariages!, avec Jean Dujardin et Mathilde Seigner, sorti en 2004. Bref, pas de quoi se réjouir avant d'accueillir ce film, qui sentait plutôt la tarte réchauffée que la pièce montée de. Erreur, erreur, nous étions dans l'erreur. Plus qu'une comédie romantique (de plus), Pièce montée, malgré son titre racoleur et crémeux, est plus grinçant que ce qui a pu se faire jusque là. Différent de Mariages! sur la forme : Denys Granier-Deferre a choisi de raconter l'histoire d'un couple, et de ceux qui gravitent autour de celui-ci, plutôt que de mettre en parallèle trois générations de mariés. Même si la famille est très importante ici, ce sont bel et bien Jérémie Renier et Clémence Poésy qui tiennent le haut du... gâteau !


La bande-annonce annonçait la couleur, d'une manière originale (chaque protagoniste du film s'exprimait sur son idée du mariage, devant une caméra qui devait simuler un « film souvenir »), Pièce montée n'épargne aucun aspect de ce moment de vie. Les deux tourtereaux sont remplis de doutes, de questions, que ce soit sur leur choix de se marier ou sur l'organisation du mariage en lui-même. Gravitent autour d'eux une pléiade de personnages, tous plus extravagants. Il y a d'abord les parents maternels, qui font tout pour que le curé ne fasse pas de scandale lors de la cérémonie, allant jusqu'à le payer grassement. Le curé, justement, est juste formidable. Campé par un Jean-Pierre Marielle des grands soirs, ce personnage sauvage apparaît dès le début comme atypique, dès lors qu'on le voit nourrir son boa avec des mouches ou grommeler contre les convives. Frustre, brut, il formera peu à peu un tendre duo avec l'autre aînée du film, la grand-mère de la mariée, jouée par Danielle Darrieux. Cette petite histoire, qui rejoindra la grande vers la fin du film, donne un autre intérêt au long-métrage. L'amour est éternel, un peu comme la grâce et le talent de ces deux monstres sacrés du cinéma français.



Côté acteurs, la fête est loin d'être finie. Julie Depardieu, Christophe Alévêque, Léa Drucker, Charlotte de Turckheim ou Julie Gayet mettent en scène autant de personnages que d'attitudes différentes vis-à-vis du mariage, et de l'amour en général. Il y a les expressifs, les timides, les introvertis, les gaffeurs, les lourds, etc. Il y a ceux qui pensent au divorce, ceux qui pensent à changer de bord ou ceux qui sont en manque. On s'amuse devant cette galerie de personnages, et on y prend d'autant plus de plaisir que le duo de tête, encore une fois, régale par sa présence. Jérémie Renier, sûr de lui et de son amour au début du film, va progressivement se mettre à douter de sa femme. Sa femme, Clémence Poésy, plus que stressée par la cérémonie, ne va pas arrêter de penser que son mariage est voué à l'échec. Jusqu'à proposer à son époux un divorce le lundi suivant... Les jeunes acteurs, tous deux passés entre les mains des plus grands réalisateurs, jouent parfaitement. Et que dire de la sublime Clémence Poésy, déjà aperçue dans In Bruges aux côtés de Colin Farrell, qui pétille tout au long de cette Pièce montée.

L'humour et l'amour, c'est là la recette choisie par le réalisateur pour nous faire passer un bon moment en présence de tous ces acteurs. Scène après scène, les dialogues font toujours mouche et les situations, parfois cocasses, n'ont jamais fini de nous faire rire. Et quand les coups partent, que les pièces montées s'écroulent et que la soirée semble tourner au cauchemar, la lueur vient toujours de cet amour brillant qui forge les plus belles unions. S'amusant à titiller les clichés, mais sans jamais trop tirer sur les ficelles, Denys Granier-Deferre réussit là parfaitement son adaptation du roman éponyme de Blandine Le Callet. Et une fois ce formidable dessert englouti, on n'attend qu'une seule chose : le deuxième service !

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