mardi 9 juillet 2013

| Avis ¦ Monstres Academy, on a retrouvé la monstrueuse compagnie !


Monstres Academy de Dan Scanlon


Animation, USA, 2013, 1H44
Avec les voix VF d’Éric Métayer, Xavier Fagnon, Jamel Debbouze
Sortie le 10 juillet 2013 


L'objectif : Même quand il n’était qu’un tout petit monstre, Bob Razowski rêvait déjà de devenir une Terreur. Aujourd’hui, il est enfin en première année à la prestigieuse université Monstres Academy, où sont formées les meilleures Terreurs. Son plan de carrière bien préparé est pourtant menacé par sa rencontre avec James P. Sullivan, dit Sulli, un vrai crack qui a un don naturel pour Terrifier. Aveuglés par leur désir de se prouver l’un à l’autre qu’ils sont imbattables, tous deux finissent par se faire renvoyer de l’université. Pire encore : ils se rendent compte que s’ils veulent que les choses aient une chance de rentrer dans l’ordre, ils vont devoir travailler ensemble, et avec un petit groupe de monstres bizarres et mal assortis…



Le subjectif : Fan indéfectible de Pixar depuis leur toute première aventure au cinéma (une "petite" histoire de jouets), c'est avec un pas décidé mais fébrile que je me suis rendu à l'avant-première de leur quatorzième long-métrage : Monstres Academy. Échaudé par Cars 2 (mais j'avais mis ça sur le compte des petites voitures, qui ne m'ont jamais passionné), et resté incrédule face au manque d'originalité étonnant de Rebelle, j'ai eu peur. Il faut dire que de Ratatouille jusqu'à Toy Story 3, le studio de John Lasseter m'avait habitué à l'excellence, et j'avais fini par croire que chaque nouveau film devait être meilleur que le précédent. Déçu de voir que je m'étais trompé, j'ai eu peur que cette suite (ou plutôt cette préquelle) de Monstres et compagnie ne débouche sur un nouveau camouflet. J'avais tort, là encore, fort heureusement.




Préquelle oblige, on retrouve Bob (la petite boule verte) et Sully (le gentil monstre au pelage turquoise) bien avant qu'ils n'officient pour l'usine de traitement de cris Monstres & Cie. L'histoire débute même avec Bob enfant, déjà raillé et rejeté par ses camarades, mais sûr de lui et de ce qu'il veut devenir : une terreur d'élite. Travaillant dur, n'oubliant jamais le but qu'il s'est fixé, le jeune monstre va franchir toutes les étapes, jusqu'à atteindre la célèbre université des monstres : Monsters University (qui a donné son titre au film en VO, malheureusement traduit chez nous par Monstres Academy...). C'est là qu'il fait la rencontre de Jack Sullivent (ou Sully). Victimes d'une "injustice" et menacés d'être expulsés de l'université, les deux terreurs en herbe vont être obligés de travailler en équipe. Problème : tout oppose Bob et Sully. Le premier, brillant, bosseur et motivé, voit d'un mauvais œil son comparse, arriviste malgré lui (étant le fils d'une légende de l'université), grande gueule et fainéant. C'est pourtant le début d'une belle et longue amitié.

Retour aux sources pour Pixar

Ému d'assister à la naissance de cette équipe de choc, on retrouve avec émerveillement ces deux personnages et leurs relations amusantes. La naïveté et la candeur de Bob font toujours échos aux actes moqueurs et malicieux de son grand compagnon poilu. La magie du premier film opère de nouveau, et rejaillissent en nous des sentiments qu'on croyait oubliés, revenus à la vie grâce à des situations, des clin d’œils ou des personnages qui sont autant de madeleines de Proust disséminées par le réalisateur. Il y a quelques figures connues, comme le terrible Léon (le lézard qui a le don de se rendre invisible) ou encore la secrétaire Germaine, ("gracieuse limace en jarretelles") présente dans un caméo bien caché, mais également bon nombre de nouvelles têtes. Coloré et déjanté, le bestiaire nous en fait voir de toutes les couleurs - et certains de ses membres auraient mérité un peu plus de profondeur.



Visuellement superbe (même si l'environnement d'une université "à l'américaine" ne donne pas lieu à des prouesses techniques), Monstres Academy ne cesse jamais d'émerveiller. C'était le point fort de Pixar, et le studio à la lampe Luxo semble avoir retrouvé la bonne formule. Bien que construit sur une trame assez classique, le scénario ne ralentit jamais son rythme, et l'émotion est toujours au rendez-vous. Le film de Dan Scanlon a par ailleurs tous les traits de la quête initiatique, ou du roman d'initiation. Il met le jeune Bob face à sa condition de monstre, en le questionnant sur sa nature, sur sa capacité à faire peur. En outre - à l'image du conseil que donne la doyenne de l'université à nos terrifiants héros - l'essentiel est de ne pas se trahir et de toujours continuer à surprendre ceux qui ne croient pas en vous. Ce message, en plus de faire le lien avec le dénouement de Monstres et compagnie (spoiler:les "meilleurs" monstres n'y sont plus ceux qui font crier les enfants, mais ceux qui les font rire), s'adresse autant aux spectateurs qu'au studio lui-même. Personnellement, avec un tel niveau, je n'attends qu'une chose : que Pixar me surprenne de nouveau.

Bonus : Le Parapluie bleu, court métrage de Saschka Unseld

Si Monstres Academy obtient la note maximale, c'est aussi grâce au court-métrage qui le précède : Le Parapluie bleu. Formidable travail graphique et poétique de Saschka Unseld, directeur technique de Rebelle, ce film d'animation de sept minutes met en scène, sans dialogue, une histoire d'amour entre deux parapluies. Vrai moment de bonheur, mélancolique et optimiste, ce Parapluie bleu est une preuve de plus du talent et de la créativité de Pixar.  

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