vendredi 22 janvier 2010

| Avis ¦ Slumdog Millionaire, le cinéma paradoxal de Danny Boyle


Slumdog Millionaire de Danny Boyle


Comédie dramatique, USA-UK, 2008, 2H00
Avec Dev Patel, Mia Drake, Freida Pinto
Sortie le 14 janvier 2009  


L'objectif : Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l'émission Qui veut gagner des millions ? Il n'est plus qu'à une question de la victoire lorsque la police l'arrête sur un soupçon de tricherie. Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d'où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu'il a perdue. Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d'une émission de télévision ? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante.

Le subjectif : Après le spatial Sunshine, Danny Boyle revient au drame humain avec Slumdog Millionaire. Plebiscitée en 2008 dans de nombreux festivals, cette fresque indienne débarque sur les écrans français.


Paradoxal, c'est ce qui convient le mieux à Slumdog Millionaire et à son réalisateur. Le film de Danny Boyle est construit sur cette idée étrange qu'un gamin sans un sou, peut devenir millionnaire. Le moyen ? Participer au jeu télévisé « Qui veut gagner des Millions ? ». Tiré d'un livre de Vikas Swarup ce concept a de quoi surprendre. Jusqu'au réalisateur, qui reconnaît ne pas avoir été intéressé par une histoire sur un jeu télévisé. Alors où se situe l'intérêt de ce film ?

Dans sa façon de traiter le sujet, tout d'abord. Le scénario de Simon Beaufoy (auteur du script de The Full Monty, ndlr) y est pour beaucoup. Chaque réponse donnée par Jamal Malik a une explication antérieure. Le film va donc montrer la vie du jeune héros, interprété en partie par Dev Patel. Le jeu de ce comédien anglais est d'ailleurs remarquable. La distribution a par ailleurs été récompensé aux derniers Screen Actors Guild Awards.

Boyllywood débarque à Hollywood

La musique n'est pas non plus en reste. Produite par A.R. Rahman, un célèbre compositeur indien, elle sert totalement le spectacle électrisant offert par Danny Boyle. De la scène de torture du début jusqu'au générique de fin, tourné en clin d'œil aux films de Bollywood. Les acteurs prennent part à une danse endiablée sur un quai de gare.

Le dernier ingrédient de Slumdog Millionaire est bien entendu son décor : l'Inde. Tourné sur place avec des techniciens indiens, le film voulait en rendre un portrait vrai et objectif. Le réalisateur de Trainspotting avait à cœur de livrer une image différente de Bollywood. Imprimant son énergie, son amour pour le drame social et son sens du spectacle à la pellicule, Danny Boyle a fait un peu plus. Il a créé un Boyllywood. Lieu magique du cinéma paradoxal, celui où l'on rêve éveillé. Un cinéma vrai et intense, qui pourrait même parvenir à séduire les petites statuettes américaines.

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