lundi 15 février 2016

| Avis ¦ La Tour 2 contrôle infernale, bêtises repetita

La Tour 2 contrôle infernale d'Eric Judor

 

Comédie, France, 2014, 1H28
Avec  Eric Judor, Ramzy Bedia, Marina Foïs
Sortie le 10 février 2016


L'objectif : Octobre 1981. Ernest Krakenkrick et Bachir Bouzouk sont deux brillants pilotes de l’armée française. Suite à une malencontreuse erreur au cours d’un test de centrifugeuse, ils perdent une partie de leur potentiel intellectuel. L’armée voulant les garder dans l’aviation, on leur trouve un poste de bagagistes à Orly Ouest. Et là... La genèse des aventures de nos deux laveurs de carreaux de La Tour Montparnasse Infernale.


Le subjectif : Quinze ans ! Voilà quinze ans que moi, amoureux transit des deux laveurs de carreaux de La Tour Montparnasse infernale de père en fils, fils de boulanger, j'attendais ce moment. Faisant fi des mauvaises critiques lues ça et là, ne me laissant pas décourager par le début de bide cosmique que réalisait le film dans les salles et qui annonçait un incroyable désamour du public envers les deux comiques, je me suis frayé une place au milieu des cinq ou six personnes remplissant la petite salle du fond à droite de mon cinéma préféré (le seul à passer ce film), et j'ai attendu encore un peu. L'intro est arrivée : Eric et Ramzy campaient deux brillants pilotes de l'armée française passant des tests en centrifugeuse pour déterminer leur capacité à effectuer une mission dans l'espace. Ces deux as, c'étaient les pères des deux héros du premier film, réalisé par Charles Nemes. L'intro est arrivée, et la première vanne fût lancée. Un des deux pilotes, joué par Ramzy, s'appelait Bachi(r) Bouzouk, le "r" étant muet. Eric était quant à lui Ernest Kraken(krick), et là c'était le "krick" qui était muet... Ne pouvant plus me retenir davantage - quinze ans c'est long vous savez ! - j'ai ri à gorge déployée. L'humour bête et pas méchant de mes idoles était bien au rendez-vous, alors même que Bouzouk et Kraken n'étaient pas encore devenus "gogols".

dimanche 14 février 2016

| Avis ¦ Deadpool, même pas mal (du tout) !


Deadpool de Tim Miller

 

Action, aventure, comédie, Marvel, USA, 2016, 1H48
Avec Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein 
Sortie le 10 février 2016


L'objectif : Deadpool, est l'anti-héros le plus atypique de l'univers Marvel. A l'origine, il s'appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d'un humour noir survolté, Deadpool va traquer l'homme qui a bien failli anéantir sa vie.



Le subjectif : Dès le générique d'ouverture, le ton de ce nouveau Marvel est donné. En gratifiant acteurs, producteurs et réalisateur de surnoms gratinés comme "meuf super bonne", "des culs" ou "blaireau surpayé", Deadpool annonce la couleur : il sera irrévérencieux, ou ne sera pas. Cette information est tout sauf une surprise, pour tous ceux ayant goûté à l'énorme campagne promotionnelle du film, comme pour les fidèles des aventures du mercenaire en lycra rouge aux capacités régénératrices. Car si Wade Wilson - l'humain en phase terminale à qui on injecte des gènes mutants lui octroyant un facteur guérisseur illimité et quasi-instantané qui se cache derrière le costume rouge et noir - fait partie de l'univers Marvel, il ne ressemble en rien à l'archétype du super-héros que la Maison des idées nous sert sur grand écran depuis presque dix ans maintenant. Deadpool est "dérangé", sacrément vulgaire et adepte du découpage d'ennemis qui tache. En gros, son univers se compose d'élucubrations à tendance schizophréniques (Wade Wilson se parle régulièrement à lui-même, mais pas que, nous y reviendrons), d'insultes, de blagues pas toujours très fines et autres allusions scabreuses, et d'hémoglobine.

samedi 13 février 2016

| Avis ¦ Spotlight, au nom du pire


Spotlight de Tom McCarthy

 

Drame, Thriller, USA, 2015, 2H08
Avec Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams     
Sortie le 27 janvier 2015


(Oscars 2016 : Meilleur film - Meilleur scénario original)

L'objectif : Adapté de faits réels, Spotlight retrace la fascinante enquête du Boston Globe – couronnée par le prix Pulitzer – qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Église catholique. Une équipe de journalistes d’investigation, baptisée Spotlight, a enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. L’enquête révèlera que L’Église catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston, et déclenchera par la suite une vague de révélations dans le monde entier.




Le subjectif : A quelques jours de la 88e cérémonie des Oscars, grand-messe américaine du cinéma, le débat est plus que jamais ouvert sur l'identité des futurs lauréats. Parmi les prétendants crédibles, The Revenant, The Big Short, Seul sur Mars et Mad Max : Fury Road n'auront échappé à personne - même si le premier ne sortira qu'en fin de mois dans les salles françaises. Si Mad Max et The Revenant, le "film qui devrait enfin permettre à DiCaprio d'être consacré Meilleur acteur" et qui a déjà raflé plusieurs Golden Globes, trustent les nominations, un autre candidat figure en bonne position dans la course à l'Oscar du Meilleur long-métrage : Spotlight. Réalisé par Tom McCarthy - acteur, écrivain et réalisateur américain, auteur notamment de The Visitor, Grand prix du Festival du cinéma américain de Deauville 2008 -, ce grand film "basé sur une histoire vraie" s'attaque en même temps à un énorme scandale public, et à l'une des plus importantes enquêtes journalistiques du XXIe siècle.

dimanche 31 janvier 2016

| Avis ¦ Les Saisons, film magnifique et témoignage nécessaire


Les Saisons de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud

 

Documentaire, France-Allemagne, 2015, 1H37
Avec des loups, chevaux, biches, sangliers et quelques hommes    
Sortie le 27 janvier 2016


L'objectif : Après avoir parcouru le globe à tire d’ailes avec les oiseaux migrateurs et surfé dans tous les océans en compagnie des baleines et des raies mantas, Jacques Perrin et Jacques Cluzaud reviennent pour ce nouvel opus sur des terres plus familières. Ils nous convient à un formidable voyage à travers le temps pour redécouvrir ces territoires européens que nous partageons avec les animaux sauvages depuis la dernière ère glaciaire jusqu’à nos jours. L’hiver durait depuis 80 000 ans lorsque, en un temps très bref, une forêt immense recouvre tout le continent. Une nouvelle configuration planétaire et tout est bouleversé. Le cycle des saisons se met en place, le paysage se métamorphose, la faune et la flore évoluent. L’histoire commence… À un interminable âge de glace succède une forêt profonde et riche puis, sous l’impulsion d’hommes nouveaux, une campagne riante.
Les Saisons est une épopée sensible et inédite qui relate la longue et tumultueuse histoire commune qui lie l’homme aux animaux. 




Le subjectif : En ce début d'année 2016, le calendrier ciné est très chargé. Alors que le phénomène Star Wars 7 continue de remplir les salles, d'autres gros films trustent les porte-affiches, comme le dernier Tarantino (Les 8 Salopards), le "dernier" Rocky (Creed), l'oscarisable Spotlight ou encore l'incroyable Legend. Alors, pour ce "retour" du Toxinémane, pourquoi choisir un documentaire sur l'évolution, signé par le réalisateur du Peuple migrateur et Microcosmos ? Déjà parce-que je n'ai pas vu tous les longs précédemment cités, et parce-que, justement, ce film mérite qu'on parle de lui. Loin de battre des records d'affluence ou de s’immiscer dans les discussions sur les potentiels futurs lauréats des Oscars et Césars, Les Saisons est une œuvre qui nous parle de nous et de notre environnement : c'est-à-dire de notre terre, et de tous ceux avec qui nous sommes censés la partager. Sans plus attendre, la critique.

mardi 27 janvier 2015

| Avis ¦ Imitation Game, des chiffres et du mal-être


Imitation Game de Morten Tyldum

 

Drame, biopic, USA-UK, 2014, 1H54
Avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode 
Sortie le 28 janvier 2015


L'objectif : 1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable...



Le subjectif : Ce qui est incroyable avec le grand livre de l'Histoire, c'est qu'il regorge de secrets, d'anecdotes, d'innombrables "petites histoires" qui le rendent non seulement fascinant, mais qui lui confèrent un caractère inépuisable pour quiconque aime se plonger dans ses délicieuses pages. Certes, l'histoire qui nous intéresse ici, celle d'Alan Turing, n'était plus tenue secrète depuis plusieurs années. Cependant, il aura fallu qu'un Premier Ministre britannique (Gordon Brown) présente des excuses posthumes en 2009 au nom de son pays sur les tortures infligées à ce concitoyen, pour que la légende qui l'entoure ne trouve une oreille attentive auprès d'un producteur de cinéma. Vous me direz : le 7e art ne fait pas tout dans la vie. Vous auriez raison. Cependant ici, je parle de cinéma, donc, si vous le permettez (note à moi-même : arrêter d'être schizophrène), je poursuis. Cette année, grâce à ce Premier Ministre et à une biographie publiée par Andrew Hodges en 1983, l'histoire édifiante de Turing peut s'exposer en pleine lumière. Celle de nos salles obscures.

jeudi 22 janvier 2015

| Avis ¦ Les Nouveaux sauvages, grince-sang-rire

Les Nouveaux sauvages de Damián Szifron

 

Comédie, thriller, drame, Argentine, 2014, 2H02
Avec Ricardo Darín, Oscar Martinez, Leonardo Sbaraglia
Sortie le 14 janvier 2015


L'objectif : L'inégalité, l'injustice et l'exigence auxquelles nous expose le monde où l'on vit provoquent du stress et des dépressions chez beaucoup de gens. Certains craquent. Les Nouveaux sauvages est un film sur eux. Vulnérables face à une réalité qui soudain change et devient imprévisible, les héros des Nouveaux sauvages franchissent l'étroite frontière qui sépare la civilisation de la barbarie. Une trahison amour, le retour d'un passé refoulé, la violence enfermée dans un détail quotidien, sont autant de prétextes qui les entraînent dans un vertige où ils perdent les pédales et éprouve l'indéniable plaisir du pétage de plombs.

(Sélection officielle, en compétition - Cannes 2014)



Le subjectif : Il y a huit mois, Les Nouveaux sauvages avait fait hurler de rire le Palais des festivals. Le film à sketch du réalisateur argentin Damián Szifron, grinçant et mordant à souhait, avait réveillé jury et spectateurs du 67e Festival de Cannes. Salves d'applaudissements nourris, fous rires en chœurs, satisfaction à l'unisson : si le film produit par Pedro Almodóvar est reparti bredouille de Cannes, il a quitté la Croisette avec une bonne étoile au-dessus de la tête. Car huit mois plus tard, Les Nouveaux sauvages nous refait le coup de l'unanimité critique, des éclats de rire en pagailles, et peut même se targuer de battre des records d'affluence dans les salles argentines. Sans oublier une nomination plus qu'évidente aux Oscars 2015, au titre de Meilleur film étranger.

mardi 29 avril 2014

| Avis ¦ Babysitting, le film de potes qui dépote !

 

Babysitting de Philippe Lacheau et Nicolas Benamou

 

Comédie, France, 2014, 1H25
Avec la Bande à Fifi, Vincent Desagnat, Alice David, et le Palmashow ! 
Sortie le 16 avril 2014


L'objectif : Faute de baby-sitter pour le week-end, Marc Schaudel confie son fils Remy à Franck, son employé, "un type sérieux" selon lui. Sauf que Franck a 30 ans ce soir et que Rémy est un sale gosse capricieux. Au petit matin, Marc et sa femme Claire sont réveillés par un appel de la police. Rémy et Franck ont disparu ! Au milieu de leur maison saccagée, la police a retrouvé une caméra. Marc et Claire découvrent hallucinés les images tournées pendant la soirée.


Le subjectif : La première chose qui frappe en regardant Babysitting - avant même la grosse paire de fesses brésiliennes (photo ci-dessous, j'y reviendrai) - c'est le lien évident qu'a cette comédie française avec le déjà mythique Projet X américain. Partiellement tourné en found-footage (procédé qui consiste à faire croire au spectateur que les images du film ont été retrouvées et projetées telles quelles), et traitant lui aussi d'une fête à domicile qui tourne mal, Babysitting nous y fait en tout cas fortement penser - plus qu'au Projet Blair Witch par exemple. Il a pourtant été imaginé, selon les dires de ses créateurs, deux ans avant la sortie du long-métrage américain. Soit, cette petite digression de rigueur passée, attardons nous au présent. C'est-à-dire à un film récompensé du Prix spécial du jury et du Prix du public du dernier festival du film de comédie de l'Alpe d'Huez. Excusez du peu.
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