mardi 29 janvier 2013

| Avis ¦ Lincoln, politique et jeu d'acteur


Lincoln de Steven Spielberg


Biopic, drame, USA, 2012, 2H29
Avec Daniel Day-Lewis, Sally Field, David Strathairn  
Sortie le 30 janvier 2013


L'objectif : Les derniers mois tumultueux du mandat du 16e Président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l'esclavage. Cet homme doté d'une détermination et d'un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir.



Le subjectif : Après avoir plongé avec lui dans le conflit mondial de 14-18 (avec Cheval de Guerre, sorti il y a moins d'un an), c'est cette fois au cœur de la grande guerre de Sécession américaine que Steven Spielberg convie son spectateur. Ou plutôt au dénouement de celle-ci. Le réalisateur s'intéresse dans Lincoln aux derniers mois du conflit civil qui opposa, entre 1861 et 1865, les Sudistes, États confédérés sortis des États-Unis, aux membres de l'Union qui en faisaient toujours partie. S'il est question de cette guerre, le principal sujet du vingt-huitième long-métrage de Steven Spielberg est, comme son nom l'indique : Abraham Lincoln. Mais, à la différence d'un "biopic" traditionnel, Lincoln ne retrace pas toute la vie du seizième président américain.

mardi 22 janvier 2013

| Avis ¦ Django Unchained, Tarantino libère sa bête du sud sauvage


Django Unchained de Quentin Tarantino

 

Western, USA, 2013, 2H44
Avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio
Sortie le 16 janvier 2013


L'objectif : Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs. Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves… Lorsque Django et Schultz arrivent dans l’immense plantation du puissant Calvin Candie, ils éveillent les soupçons de Stephen, un esclave qui sert Candie et a toute sa confiance. Le moindre de leurs mouvements est désormais épié par une dangereuse organisation de plus en plus proche… Si Django et Schultz veulent espérer s’enfuir avec Broomhilda, ils vont devoir choisir entre l’indépendance et la solidarité, entre le sacrifice et la survie… 



Le subjectif : Trois ans après Inglorious Basterds, en compétition officielle à Cannes, et récompensé dans de nombreux festivals, Quentin Tarantino revient avec une nouvelle histoire de vengeance. Et cette fois, la victime du réalisateur de Pulp Fiction est rien de moins que l'esclavage. Le scénario de ce western prend place en 1858, à deux ans de la Guerre de Sécession. Une guerre civile américaine qui a opposé, pendant près de cinq ans, pour faire simple, les opposants et les défenseurs de l'esclavage. Comme dans son précédent film, Quentin Tarantino joue avec les faits historiques, pour mieux les tordre et mettre en relief la violence et l'horreur diligentées par certains hommes... Même si, pour cela, le réalisateur met en scène d'autres actes horribles et d'autres personnages violents.

mercredi 5 décembre 2012

| Avis ¦ Les Mondes de Ralph, Disney fête les jeux

 

Les Mondes de Ralph de Rich Moore


Animation, comédie, USA, 2012, 1H41
Avec les voix VF de François-Xavier Demaison, Dorothée Pousséo, Donald Reignoux 
Sortie le 5 décembre 2012

L'objectif : Dans une salle d’arcade, Ralph la casse est le héros mal aimé d’un jeu des années 80. Son rôle est simple : il casse tout ! Pourtant il ne rêve que d’une chose, être aimé de tous… Vanellope Van Schweetz quant à elle, évolue dans un jeu de course, fabriqué uniquement de sucreries. Son gros défaut : être une erreur de programme, ce qui lui vaut d’être interdite de course et rejetée de tous… Ces deux personnages n’auraient jamais dû se croiser… et pourtant, Ralph va bousculer les règles et voyager à travers les différents mondes de la salle d’arcade pour atteindre son but : prouver à tous qu’il peut devenir un héros… Ensemble, arriveront-ils à atteindre leurs rêves ?



Le subjectif : Disney tiendrait-il son "film en images de synthèse" de référence ? Après un Raiponce loué par la critique, qui renouvelait sa vision du conte tout en conservant l'esprit de la firme (une histoire sensible, drôle et poétique), les héritiers du père de Mickey Mouse marchent sur les pas de Pixar, avec une œuvre bourrée de références actuelles. Mieux, alors que le studio à la petite lumière tarde à reconquérir le cœur de ses fans, en misant sur des suites (Cars 2, Monstres Academy) ou des portages 3D (Le Monde de Némo y aura droit dès janvier), Disney, lui, insuffle un vent nouveau. Les Mondes de Ralph, sorte de "Toy Story des jeux-vidéos", confirme cette marche en avant. Le film est sympathique, plutôt joli, et son attrait générationnel est absolument fabuleux...

mercredi 28 novembre 2012

| Avis ¦ Les Cinq légendes, le cadeau de Noël de DreamWorks


Les Cinq légendes de Peter Ramsey


Animation, aventure, USA, 2012, 1H37
Avec les voix VF de Gaspard Ulliel, Nolwenn Leroy, Miglen Mirtchev  
Sortie le 28 novembre 2012


L'objectif : L’aventure d’un groupe de héros, tous doués de pouvoirs extraordinaires. Emmenées par Jack Frost, un adolescent rebelle et ingénieux, ces cinq légendes vont devoir, pour la première fois, unir leurs forces pour protéger les espoirs, les rêves et l’imaginaire de tous les enfants. 



Le subjectif : Décidément, cette année 2012 est chargée en films d'animation. On y a vu s'affronter tous les mastodontes du genre : Pixar (avec Rebelle), Disney (Frankenweenie et bientôt Les Mondes de Ralph), Blue Sky (L'Âge de Glace 4), Universal (Le Lorax), Aardman (Les Pirates), sans oublier Laika et son magnifique ParaNorman. Bref, DreamWorks, deuxième studio en nombre de films produits, avait de quoi s'en faire, après quelques productions timorées (Megamind, Kung-Fu Panda 2, Le Chat potté), et après, surtout, un troisième volet de Madagascar loin d'avoir fait l'unanimité. Mais, autant le dire tout de suite : avec Les Cinq légendes, la société créée par Steven Spielberg frappe un grand coup.

mercredi 14 novembre 2012

| Avis ¦ Le Capital, l'argent ne fait pas le bonheur des pauvres



Le Capital de Costa-Gavras  


Drame, thriller, France, 2012, 1H53
Avec Gad Elmaleh, Gabriel Byrne, Natacha Régnier 
Sortie le 14 novembre 2012


L'objectif : La résistible ascension d'un valet de banque dans le monde féroce du Capital.




Le subjectif : Ces derniers temps, crise oblige, de nombreux films sur le "monde impitoyable" de la finance ont vu le jour. Le spectateur a eu droit à une pléiade d'interprétations, plus ou moins réussies, de cet événement planétaire. Qu'elle soit intimiste (Cosmopolis de David Cronenberg), cynique (le second Wall Street d'Oliver Stone), sociale et humaniste (The Company Men signé John Wells), ou encore inspirée de faits réels et sans concession (Margin Call de J. C. Chandor), elle demeure engagée, et permet à chaque fois d'étudier la crise sous des prismes différents. Et quand on parle d'engagement, en cinéma, on en vient assez vite à parler de Costa-Gavras.

mercredi 7 novembre 2012

| Avis ¦ Argo, quand Hollywood sauve l'Amérique
















Argo de Ben Affleck 


Thriller, drame, Américain, 2012, 1H59
Avec Ben Affleck, Bryan Cranston, John Goodman
Sortie le 7 novembre 2012 


(Oscar 2013 : Meilleur film - Meilleur scénario adapté - Meilleur montage)

L'objectif : Le 4 novembre 1979, au summum de la révolution iranienne, des militants envahissent l’ambassade américaine de Téhéran, et prennent 52 Américains en otage. Mais au milieu du chaos, six Américains réussissent à s’échapper et à se réfugier au domicile de l’ambassadeur canadien. Sachant qu’ils seront inévitablement découverts et probablement tués, un spécialiste de "l’exfiltration" de la CIA du nom de Tony Mendez monte un plan risqué visant à les faire sortir du pays. Un plan si incroyable qu’il ne pourrait exister qu’au cinéma.



Le subjectif : Argo raconte une histoire folle, celle d'une évasion d'une poignée d'Américains depuis un Iran très hostile à leur égard, grâce à l'intervention décisive et conjointe d'un agent de la CIA et de l'industrie du cinéma. Et comme beaucoup d'histoires folles, celle-ci est vraie. Elle se passe début novembre 1979, en pleine révolution anti-Chah d'Iran. Celui-ci, ayant "réussi" à fuir vers les États-Unis, provoque l'ire des radicaux qui veulent s'en prendre à tous les ressortissants à la bannière étoilée. Tout ce contexte historique est présent dans Argo non seulement parce que toute l'histoire du film est réelle, mais aussi parce qu'il est raconté (brièvement) pendant le générique d'ouverture. Subtilement, à l'aide de dessins et de photos d'archives. Ces mêmes archives qu'on retrouvera soit dit en passant, pour le générique de fin : histoire de boucler la boucle de l'histoire vraie. Bref, cette histoire est vraie, et passionnante.

samedi 3 novembre 2012

| Le Film du samedi soir ¦ Incidents de parcours

Avant-propos : Avec ce concept de « Film du samedi soir », je choisis de vous parler d'un petit métrage qui me tient à cœur. Il s'agit, chaque semaine, de fouiller mes étagères de DVD pour mettre en avant une petite comédie sans prétention, une série B bien barrée, un film d'horreur poussiéreux, une aventure de gosses oubliée... Bref, sortir du placard des trucs qui me font vibrer et aimer le cinéma, des productions totalement mésestimées, méprisées ou méconnues, et que j'estime être le remède parfait pour vos silencieuses soirées de samedi. Et vous savez quoi ? ça tombe bien, ce soir, on est justement samedi...














Incidents de parcours de George A. Romero


Fantastique, épouvante-horreur, USA, 1988, 1H53
Avec John Pankow, Jason Beghe, Kate McNeil
Sortie le 5 octobre 2004 (en DVD)

L'histoire : Allan (Jason Beghe), jeune scientifique à l'avenir brillant, est un jour victime d'un accident qui le paralyse totalement. Grâce à Ella, une petite guenon que lui a donnée son ami Geoffrey (John Pankow), Allan reprend gout à la vie. Seulement Geoffrey est un génie de la recherche scientifique. Sa dernière trouvaille: augmenter l'intelligence des primates en leur injectant un sérum constitué de tissus du cerveau humain. Bien entendu, la petite guenon d'Allan, dressée par la charmante Melanie (Kate McNeill) n'a pas échappé à ses expériences. Et Ella va bientôt développer un comportement agressif envers tous ceux qui s'approchent de lui...


Fatalement, quand on pense George A. Romero, on pense "zombies". C'est presque inévitable, et pour cause : le bonhomme, qui file vers ses 73 ans, a réalisé en la matière plusieurs films cultes. D'abord La Nuit des morts-vivants, sorti en 1968, qui a révolutionné le genre (comme quoi à l'époque, il ne suffisait pas de sortir dans la rue). Ensuite l'indétrônable Zombie (version européenne de Dawn of the Dead, remontée avec une autre pointure de l'horreur, Dario Argento), à mon sens le meilleur film sur les morts-vivants de tous les temps. Avec le dernier en date, Survival of the Dead (DTV sorti en 2009), le réalisateur de Pittsburgh a tourné six long-métrages sur le sujet. Mais au milieu de toutes ces productions, encensées ou raillées, George Andrew Romero a sorti quelques pépites injustement méconnues du "grand public". Je pense notamment à Martin, histoire d'un homme croyant mordicus qu'il est un vampire, à The Crazies, "remaké" récemment par Hollywood, ou à Creepshow, film d'horreur à sketches, scénarisé par Stephen King himself et hommage aux comics américains des années 1950. Mais surtout, et c'est l'objet de ce 16e Film du samedi soir, je pense à Monkey Shines, Incidents de parcours en français. Sortie trois ans après Le Jour des morts-vivants, cette adaptation du roman homonyme de Michael Stewart (1983) est sans doute son meilleur film en dehors de la Saga des Morts-vivants. Voire, peut-être, son meilleur film, tout court.
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